Prix d'un studio parisien en baisse

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Le loyer des studios parisiens en baisse

Avec la crise sanitaire, même les certitudes les plus ancrées sont remises en question. Ainsi, le marché des studios parisiens, réputé imprenable, passe par une période de baisse de tension locative et des loyers. Une situation sans doute impensable il y a encore 12 mois et pourtant bien réelle, selon l’étude réalisée par LocService.fr.

Des prix en baisse de 2% dans la capitale

Particulièrement prisées des étudiants, des stagiaires ou des jeunes actifs, les petites surfaces parisiennes régnaient en maître dans la capitale pour ces publics, malgré des prix extrêmement élevés pour les surfaces louées.

Pourtant, dans une étude publiée cette semaine par LocService, on apprend que la crise sanitaire a eu des conséquences directes sur le prix moyen des loyers parisiens. Avec une baisse de 2% dans la capitale, le loyer moyen des studios s’établit à 864€ en mars 2021.

Dans certains arrondissements, la chute atteint des proportions encore plus importantes : -5,2% dans le 3e arrondissement, -4,8% dans le 2e, -4,7% dans le 10e. Dans les colonnes du Figaro, le directeur de la plateforme affirme que c’est du jamais-vu depuis leurs débuts.

Pendant longtemps, la très forte demande, soutenue par la population étudiante parisienne, rendait inimaginable la perspective d’une baisse des prix. Après tout, à Paris, il y aura toujours plus d’étudiants que de studios, et les bailleurs étaient assurés de trouver un locataire au prix fixé.

Sauf que ce n’est plus tout à fait vrai, et que les confinements successifs et l’absence de certitudes quant au retour au présentiel dans les universités ont participé à une baisse significative de la tension locative dans la capitale. 

Paris connaît une chute de tension locative

En 2019, une offre de location à Paris attirait en moyenne 5,6 candidats. En 2020, ce chiffre tombe à 2,61 candidats par offre, moitié moins. Si on prend en compte seulement la période de mars 2020 à mars 2021, ce ratio tombe à moins de deux candidats par offre. En d’autres termes, les locataires sont désormais en position de force au moment de louer un bien.

Le public étudiant est celui pour lequel cette inversion est la plus visible. Il n’était pas rare, il y a encore un an et demi, de croiser une file de 15 étudiants patientant pour la visite d’un studio. 

Avec la mise en place de l’enseignement à distance et l’incertitude quant au retour dans les locaux de l’université, beaucoup d’étudiants ont simplement décidé de rester chez leurs parents, chez des proches, en colocation et d’abandonner le studio intramuros. Après tout, quel intérêt de vivre à proximité de sa fac, si elle est fermée ?

Mais la raréfaction du public étudiant n’est pas la seule cause de cette baisse des prix et de la tension locative. Un autre public se fait rare depuis quelques mois, vous l’avez sans doute remarqué : les touristes.

La location touristique en berne profite aux locataires

L’absence de touristes dans la première destination touristique du monde n’est pas anodine. Outre l’effet dévastateur sur l’industrie, c’est tout un pan du marché locatif qui s’est retrouvé privé de débouchés : la location saisonnière. 

La mise à l’arrêt du tourisme international et les différentes mesures sanitaires locales ont asséché le marché et obligé bon nombre de propriétaires à mettre leur bien sur le marché locatif classique. Un important nombre de locations auparavant destinées au tourisme sont désormais proposées en meublé, à Paris et partout ailleurs en France.

Mécaniquement, cet afflux de biens locatifs longue durée a rééquilibré le marché, avec une offre qui se multiplie sans que la demande ne bouge, et qu’elle a même tendance à éviter les centres-villes, conséquence de la crise. A Paris, les locations meublées représentent désormais 57% de l’offre, contre 49% en 2019 selon SeLoger.com.

Le phénomène s’observe également en dehors de la capitale, et les principales villes touristiques de France font face au même constat : une offre en hausse, des loyers en baisse.

La question est de savoir à quel point ces phénomènes constituent des mouvements de fond et si ces tendances s’inscrivent dans le temps. Les réponses à ces questions sont conditionnées par la sortie de crise et présentent un certain nombre d’inconnus.

Si un semblant de vie reprend dans les prochains mois, il est probable que le marché revienne, au moins partiellement, à sa structure pré-crise. Beaucoup d’inconnues subsistent mais il n’est pas impensable que la rentrée 2021 puisse se dérouler dans des conditions normales, en présentiel, et que la vaccination ait suffisamment progressé dans le monde pour permettre le retour des touristes également. 

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