Bateau du navigateur Magellan

Masteos

Première levée à 1,1M€ : en décembre 2020 Masteos lève l'ancre

« Il existe un passage conduisant de l'océan Atlantique à l'océan Indien. Je le connais. Donnez-moi une flotte et je vous le montrerai et je ferai le tour de la terre »
- Fernand de Magellan, 1517.

La vie d’un entrepreneur est une succession de hauts et de bas, que le souvenir de l’aventure de Magellan m’aide quotidiennement à traverser. Comme Magellan nous avons eu besoin d’argent pour notre projet un peu fou, profitable mais à BFR négatif. Plutôt que de débiter des banalités sur notre belle levée de fonds récente, permettez-moi de vous raconter la sienne :

Magellan naît en 1480 dans une famille portugaise d'un rang social assez bas. Il commence dans la marine en tant que simple "sobresalente", soldat inconnu, et occupera 10 ans durant des positions juniors au sein de navires. Cette carrière maritime lui apporte de nombreux insights. Son expérience en mer le convainc finalement de sa mission sur Terre : prouver envers et contre tous les cosmographes du passé la sphéricité de notre planète en faisant le tour du monde, via un passage hypothétique, par l'ouest.

Difficile de lever les fonds nécessaires quand on est sobresalente, c'est-à dire personne. Avec un track-record personnel proche du néant. Le roadshow de Magellan commence le 20 octobre 1517. Il s'associe à ce qu'on pourrait appeler son CTO – Rui Faleiro - éminent cosmographe de son état.

Sa levée de fonds est un enchaînement d'échecs. Il présente son projet à la cour du roi du Portugal, qui le rejette misérablement. Il faut leur concéder que depuis le succès obtenu par Christophe Collomb, la cour est bombardée de pitchs d'aventuriers-wannabe, qui présentent toutes sortes de projets plus ou moins loufoques.

Magellan poursuit en démarchant les armateurs portugais, sans plus de succès. Il s'en va alors chercher du funding européen, côté Espagne. Il se tourne vers le secteur privé, en s'adressant à la CCI locale - la Casa de Contratación de Séville - qui ne lui accorde aucun appui.

Il finit par embaucher un leveur de fonds, Juan de Aranda, qui négocie de toucher 1/8e des profits de l'expédition en échange de son réseau. Cet intermédiaire lui décroche une audition à la Cour de Charles Quint (la BPI de l'époque). Cette fois, le projet en tant que tel n'est pas rejeté catégoriquement par la Cour, mais aucun funding n'est débloqué pour autant.

Magellan finit par croiser la route d'un financier flamand de passage, Christopher de Haro qui lui accorde son attention. Puis son portefeuille. 25% des fonds levés par l’aventurier proviennent de ce lead investor. Magellan leverage habilement l'offre de Haro auprès de la cour espagnole et atteint finalement son objectif de levée.

Le pacte d'actionnaires est rédigé et signé le 22 mars 1518 par Charles Quint qui signe, selon la formule solenelle "Yo el Rey", la Capitulación, le contrat définitif avec Magellan et Faleiro.

Le roadshow avait commencé le 20 octobre 1517.  Le closing de la levée a lieu le 22 mars 1518. Le 10 août 1519 a lieu le go to market : les cinq navires quittent enfin la rade de Séville, avec 237 hommes à leur bord.  

Le 6 septembre 1522 seul le plus petit des cinq navires revient au port de Sanlucar de Barramenda en Espagne.

Dix-huit hommes en sortent en titubant.

Ainsi s'achève le plus grand voyage sur mer qui ait jamais été accompli. "Une idée animée par le génie et portée par la passion est plus forte que tous les éléments réunis", conclut Stefan Zweig.

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