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L’immobilier dans la tourmente 

Les résultats des élections européennes du 9 juin et la dissolution de l’Assemblée nationale sont venus percuter de plein fouet la (timide) reprise de l’immobilier. Le secteur subit de plein fouet les secousses de ce choc politique. Quelles conséquences pour le marché immobilier avec les nouvelles élections législatives ?


Marché immobilier = crise

Voilà l’équation à laquelle on fait face depuis de nombreux mois. Que ce soit dans l’immobilier neuf avec la chute drastique du nombre de constructions, les taux d’intérêt élevés qui assèchent le pouvoir d’achat, la fermeture d’agences immobilières, les licenciements massifs parmi les promoteurs... Les raisons de déprimer ne manquent pas.

Dissolution : un impact immédiat sur les marchés et donc les taux d'emprunt

L’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale et donc l’incertitude économique qui entoure les résultats ont eu des répercussions immédiates. Une hausse de l’OAT à échéance de 10 ans de 3,03 % à plus de 3,30 % ! L’OAT (obligations assimilables du Trésor) permet de voir la confiance des marchés dans la dette de l’Etat français.

La dissolution conjuguée à la perspective d’une prise de pouvoir du RN a suscité une vaste inquiétude. L’OAT à 10 ans est légèrement redescendue les jours suivants tout en restant à un taux supérieur à celui antérieur à la dissolution.

“Les marchés ont horreur de l’incertitude”

Pourquoi on vous parle d’OAT à 10 ans ?

Simplement parce que les établissements bancaires se basent sur l’OAT pour établir les taux d’intérêt de votre crédit immobilier. Une hausse de l’OAT, c’est par répercussion un taux d’intérêt à 20 ans pour votre prêt qui monte. Les résultats des 1ers et 2e tours des législatives dans quelques jours pourraient provoquer une nouvelle remontée de l’OAT.

Quand certains comme le Président de la République se font menaçants, "Si le Rassemblement national venait aux responsabilités, que deviendraient vos prêts immobiliers ? Ils vont flamber, parce que les taux vont flamber".

D'autres se veulent plus rassurants. Plusieurs banquiers indiquent que l’impact de cette hausse de l’OAT se fera à la marge. Expliquant à raison qu’un parti d’extrême droite élu obéit à un principe de réalité adaptant son programme à ce qu’il est possible de faire. L’exemple italien est frappant, puisque l’arrivée de Georgia Meloni n’a provoqué aucun cataclysme sur les marchés financiers.

👉 Ce qu’il faut retenir, c’est néanmoins la grande incertitude dans laquelle nous sommes plongés pour encore plusieurs semaines, voire davantage selon les résultats.

Immobilier français, le grand flou

Au-delà de l’incertitude pour les marchés financiers, nous sommes aussi dans l’incertitude concernant ce qui va se passer dans le monde de l’immobilier de manière globale.

La dissolution a mis à l’arrêt tout le travail des élus. La conséquence première a été la suspension de l'ensemble des projets de loi en cours, dont la fameuse loi “anti-airbnb”, censée rééquilibrer le marché de la location saisonnière en diminuant l’avantage fiscal sur les meublés touristiques.

Le projet de loi sur le développement de l’offre de logements abordables est également suspendu aux résultats des législatives. Son objectif est d’assouplir les règles concernant les obligations liées aux logements sociaux tout en renforçant le pouvoir des maires.

Des programmes politiques diamétralement opposés

Ce n’est pas peu dire que les programmes imaginés par les différents partis portent des visions radicalement différentes. Politique de l’emploi, des salaires, et surtout politique du logement qu’attendre des nouveaux élus ? Quels programmes ont-ils imaginé ces derniers jours ?

Le programme du Nouveau Front Populaire

Le Nouveau Front Populaire veut ainsi relancer la construction d’HLM a raison de 200 000 par an pendant 5 ans et parallèlement augmenter les APL de 10 %. Il est aussi question de généraliser le plafonnement des loyers dans les zones tendues puisque le dispositif ne touche aujourd’hui qu’un petit pourcentage de communes en France.

Une Garantie universelle des loyers est aussi à l’ordre du jour pour protéger tous les propriétaires en cas de défaut de paiement des locataires. Dans ce vaste programme, le NFP souhaite également l’abrogation de la loi anti-squat, l"ouverture du prêt à taux zéro (PZ) à tous les primo-accédants, la création de places d’hébergement d’urgence, etc.

Le programme du Rassemblement National

À l’opposé, le Rassemblement National veut construire 100 000 nouveaux logements par an, dont 20 000 seraient réservés aux étudiants et aux jeunes travailleurs.

Le RN souhaite lancer un plan de réhabilitation des logements anciens avec de nouvelles aides plus efficaces que par le passé. Enfin, plusieurs propositions sont faites pour exonérer les donations parents-enfants et faciliter la transmission du patrimoine.

Le programme des Républicains

De leur côté, les Républicains veulent créer un nouveau dispositif fiscal pour les investisseurs locatifs. L’idée serait de déduire de leur impôt le coût des travaux et de la remise aux normes du logement. Ils envisagent aussi de supprimer l’interdiction de louer des passoires énergétiques. Une mesure réclamée par de nombreux propriétaires de biens anciens.

Le Premier ministre a quant à lui reconnu il y a quelques jours ne pas en avoir fait assez pour les jeunes. Et propose en conséquent une exonération des frais de notaire pour l’achat d’un premier logement dont le prix ne dépasse pas 250 000 euros.

Des projets immobiliers reportés à plus tard ?

Les experts du secteur s’accordent cependant sur un point “le plus grand danger, c’est l’attentisme” des acheteurs.

Pourquoi précipiter un projet immobilier quand le prochain gouvernement pourrait proposer des aides à l’achat pour les primo-accédants (élargissement du PTZ notamment) ou reporter ses travaux de rénovation puisque l’interdiction de louer sa passoire énergétique est repoussée ?

La proposition d’exonération des frais de notaire a de quoi faire réfléchir également. Économiser des milliers d’euros sur son achat donne clairement envie de patienter quelques mois. Qu’on soit acheteur immobilier, primo-accédant ou investisseur locatif, difficile d’y voir clair dans ce contexte général.

Cette nouvelle crise politique vient toucher un secteur immobilier déjà en difficulté qui voyait poindre à l'horizon un début de reprise. Si d'aventure les taux d'intérêt devaient repartir à la hausse, ce serait un nouveau coup porté à un marché immobilier en rémission.

Seule certitude aujourd’hui, la France manque de logements, les acheteurs ont vu leur pouvoir d’achat baissé ces dernières années, le marché est de fait encore bloqué. C’est à résoudre cette situation urgente que doit s’atteler le futur gouvernement. Trop peu a été fait pour remédier aux problèmes que cumulent le secteur immobilier. Construction et accès au logement devront être les nouvelles priorités des députés.


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